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Quand le sexe n’est plus source de plaisir

sex addiction

By Jeremy Hainsworth

Sex.

In some people’s brains, this word can trigger a reaction similar to the words “cocaine” or “heroin”.

Indeed, for an addicted person seeking to neutralize their feelings, compulsive sexual behavior can be as attractive as any other form of consumption – alcohol, drugs, shopping, gambling, etc.

“Sex addiction doesn’t make you bad, kinky, or desperate. It means that you may have an illness or an obsession, which it is quite possible to cure, ”said Patrick Carnes, Ph. D., a pioneer in this field.

While the form of compulsive behavior differs from that of other addictions, the symptoms are essentially the same.

“This is compulsive behavior that manifests itself in sexual activities – the term ‘activities’ here encompasses obsessions, fantasies and other behaviors that people do not openly display,” explains Nelson Sacristan, counselor at the University. Edgewood Health Network (RSE) and Clinical Director of RSE Vancouver.

“Sexual addiction can result from trauma, from an inability to create intimacy or express one’s emotions, or from sexual behavior,” adds Sacristan. The root cause of this disorder is similar to that of chemical dependence.

He also argues that many of the people who come for treatment these days grew up with the Internet and did not develop socially or learn to seduce, date or find a partner.

Online pornography, now easily accessible, can fill this void.

According to Sacristan, “outside of pornography, these people are not really addicted or obsessed with sex.”

Pornography can also be traumatic for young people, according to Tami VerHelst, vice president of the International Institute for Trauma and Addiction Professionals (IITAP) in the United States. Indeed, she says that this type of trauma can be added to the root causes of compulsive behavior.

  1. Sacristan adds that people struggling with compulsive sexual behavior sometimes use chemicals to increase the stimulation of pornography or to uninhibit themselves in other settings.

“They can go further and perform sexual acts that they would not normally dare to do,” he explains.

“They could, for example, say that it was because of alcohol or cocaine that they called in an ‘escort’.”

For others, the consumption of alcohol or chemicals increases the stimulation, especially that associated with pornography.

Some people also consume substances or food afterwards to deal with guilt or shame.

“One of the topics of interest for IITAP is the problem of concurrent addictions.”

Selon M. Sacristan, les comportements sexuels compulsifs activent les voies neurologiques de la dépendance de quatre façons.

Il y a tout d’abord l’activation par la stimulation ou l’engourdissement.

Deuxièmement, il y a les fantasmes ou l’obsession, lorsqu’une personne est troublée par une autre.

Selon les explications de M. Sacristan, ce n’est pas vraiment une question de sexe : ces personnes perçoivent mal la réalité, et il faut leur apprendre à bien l’évaluer.

« C’est surtout le fait qu’ils entretiennent ces pensées ou qu’ils fondent des espoirs sur la relation », ajoute-t-il.

Vient ensuite la privation, lorsque les gens sont des « anorexiques sexuels » : ils ne cherchent pas à établir des relations, ou peuvent être rebutés par le sexe. Ces personnes vivent parfois d’autres manques, et on peut, dans le cadre d’un traitement, explorer quels autres besoins de la personne ne sont pas satisfaits.

C’est pourquoi M. Sacristan et d’autres experts sont d’avis que le traitement de la dépendance sexuelle devrait être axé sur la guérison de la personne tout entière. Il faut donc veiller à ce que ceux qui offrent le traitement soient formés et qualifiés dans ce domaine et détiennent le titre de thérapeute agréé en dépendance sexuelle.

L’objectif du RSE est d’avoir de tels thérapeutes dans tous ses établissements afin de pouvoir offrir un traitement aux personnes qui en ont besoin.

  1. Sacristan précise que cette certification est offerte par l’IITAP.

D’après lui, les consultations sont compatibles avec les 12 étapes, mais elles ne s’inscrivent pas forcément dans un programme.

« On s’intéresse à la cause première du comportement, au passé de la personne et à l’effet qu’elle recherche », explique-t-il.

« Chez certaines personnes souffrant de dépression ou d’anxiété, un comportement sexuel obsessionnel-compulsif sert à s’engourdir. »

Cependant, les termes comme « dépendance sexuelle » et « dépendant(e) sexuel(le) » dérangent M. Sacristan, qui préfère l’expression « comportement sexuel compulsif ». Les autres termes sont, selon lui, connotés négativement et pourraient entraîner une stigmatisation.

« Je préfère parler de comportements plutôt que seulement qualifier une personne de “dépendante sexuelle”. »

Mais c’est son avis personnel.

Bien qu’elle ne soit pas clinicienne, Mme VerHelst affirme pour sa part que bon nombre de personnes sont tout à fait heureuses de pouvoir nommer leur trouble, de savoir qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent obtenir de l’aide.

« Les gens aux prises avec ce trouble n’ont aucun problème avec le nom », affirme-t-elle, notant au passage qu’environ 40 000 personnes visitent chaque mois le site Web en anglais des sexomanes anonymes.

Au-delà de la terminologie, le concept a commencé à se cristalliser au début des années 1980 avec la parution du livre S’affranchir du secret de Patrick Carnes.

  1. Sacristan précise que M. Carnes, qui était alcoolique et dépendant sexuel, a mis sur pied une association au Minnesota et a fait connaître la notion de dépendance sexuelle.

« Il a conçu une approche de guérison fondée sur les 12 étapes et axée sur des tâches », explique Mme VerHelst.

Dans le cadre de ses travaux, M. Carnes a ciblé quatre phases et dix symptômes de la dépendance sexuelle.

Comme dans le cas d’autres comportements associés à la dépendance, les quatre phases sont l’obsession, la ritualisation, le comportement compulsif et le désespoir.

Les symptômes recensés par M. Carnes sont les suivants :

  • Schémas de comportement hors de contrôle
  • Conséquences graves découlant du comportement sexuel
  • Incapacité d’arrêter malgré les conséquences indésirables
  • Recherche persistante de comportements autodestructeurs ou très risqués
  • Désir ou efforts continus pour restreindre le comportement sexuel
  • Obsessions ou fantasmes sexuels comme principale stratégie d’adaptation
  • Nombre croissant d’expériences sexuelles (puisque le niveau actuel ne suffit plus)
  • Changements d’humeur importants en lien avec les activités sexuelles
  • Temps excessif passé à rechercher et à vivre des expériences sexuelles ou à s’en remettre
  • Désengagement par rapport à des activités sociales, professionnelles ou récréatives importantes attribuable au comportement sexuel

L’ouvrage S’affranchir du secret est venu asseoir la réputation de M. Carnes en tant que visionnaire dans le domaine, et d’autres intervenants du milieu de la dépendance ont commencé à lui emboîter le pas.

Il est alors devenu évident que des normes de formation et une certification étaient nécessaires pour le traitement des comportements sexuels compulsifs.

C’est ainsi que le programme de certification des thérapeutes agréés en dépendance sexuelle a vu le jour.

Le programme de l’IITAP est fondé sur des études théoriques, des formations pratiques, de la supervision et l’acquisition de compétences d’évaluation.

Selon Mme VerHelst, l’objectif du traitement de la dépendance sexuelle est d’aider les gens à délaisser leurs comportements destructeurs pour pouvoir accéder à une vie heureuse et productive. Pour cela, il faut d’abord déterminer si une personne souffre bel et bien de ce trouble.

C’est ici que le questionnaire PATHOS, un outil de dépistage de la dépendance sexuelle en six questions, entre en jeu. Voici les questions posées :

  • Êtes-vous souvent préoccupé par des pensées de nature sexuelle?
  • Dissimulez-vous certains de vos comportements sexuels?
  • Avez-vous déjà sollicité de l’aide en lien avec un comportement sexuel que vous n’aimiez pas?
  • Votre comportement sexuel a-t-il déjà blessé quelqu’un sur le plan émotionnel?
  • Avez-vous l’impression que votre désir sexuel a le contrôle sur vous?
  • Vous sentez-vous déprimé après une relation sexuelle?

Si la personne répond « oui » à au moins une question, Mme VerHelst recommande d’obtenir de l’aide.

Elle mentionne également le test de dépistage de la dépendance sexuelle, conçu pour évaluer un comportement sexuel compulsif et déterminer s’il y a dépendance sexuelle.

Toujours selon Mme VerHelst, le site Web www.sexhelp.com est un autre outil précieux pour les personnes qui se questionnent pour la première fois sur leur comportement ou celui d’un autre.

Selon M. Sacristan, une fois que la personne a exprimé des préoccupations ou qu’on a mis en évidence chez elle un comportement sexuel compulsif dans le cadre d’une consultation ou d’un autre traitement, on peut commencer le travail.

Mme VerHelst explique que le traitement par un thérapeute certifié repose sur une « recette de guérison » constituée de 30 tâches.

Grâce au travail que le conseiller effectue avec son client, il est possible de mettre en lumière des blessures profondes à l’origine des comportements négatifs.

Les outils utilisés par les thérapeutes pour aider leurs clients incluent un inventaire de la dépendance sexuelle, un inventaire du stress post-traumatique, un programme axé sur le travail et la rémunération et des évaluations pour les partenaires.

Selon Mme VerHelst, on compte actuellement 1 700 thérapeutes certifiés dans le monde.

« Même s’il y en avait cinq fois plus, ce serait toujours insuffisant », ajoute-t-elle.

Cependant, comme le souligne Mme VerHelst, la notion de dépendance sexuelle n’est pas acceptée de tous.

En effet, les débats sur son existence sont tels que bien qu’il ait été ajouté à la 3e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III) de l’American Psychiatric Association, ce trouble a été retiré du DSM-V.

Elle explique que le mouvement de libération des femmes dans les années 1970 rejetait cette idée, et que l’industrie de la pornographie est résolument opposée au concept de dépendance sexuelle.

« Leur raison de s’y opposer vaut plusieurs milliards de dollars », ajoute-t-elle.

« Il y a eu beaucoup de manœuvres politiques. »

« On continue malgré tout de former des conseillers pour aller de l’avant et répondre aux besoins », indique-t-elle.

  1. Sacristan tient à souligner que le traitement n’exige pas des gens qu’ils cessent d’avoir des relations sexuelles.

« L’abstinence n’est pas notre objectif, précise-t-il. Nous voulons que les gens soient en mesure de fonctionner. »

Des thérapeutes certifiés en dépendance sexuelle dans tout le Réseau Santé Edgewood

L’objectif des séances qui se dérouleront au Centre de traitement Edgewood de Nanaimo, du 5 au 9 avril et du 23 au 27 août prochains, consiste à former davantage de conseillers canadiens pour répondre aux besoins des personnes aux prises avec un comportement sexuel compulsif ou obsessionnel.

Cette formation pour devenir thérapeute certifié en dépendance sexuelle donne aux conseillers les outils pour reconnaître les comportements sexuels compulsifs et aider ceux qui en souffrent à retrouver leur capacité à vivre une vie heureuse et normale.

Les deux premiers des quatre modules seront offerts au Centre de traitement Edgewood, mais la formation elle-même sera donnée par l’International Institute for Trauma and Addiction (IITAP) des États-Unis.

La directrice clinique d’Edgewood, Elizabeth Loudon, estime que les séances attireront entre 30 et 50 personnes de partout en Amérique du Nord.

Mme Loudon vient d’ailleurs de terminer un volet de sa formation auprès de l’IITAP.

Selon elle, il ne fait aucun doute que les thérapeutes canadiens devraient avoir davantage accès à cette formation.

« Je suis vraiment heureuse de faire partie de ce mouvement d’apprentissage et suis très fière qu’Edgewood y participe », se réjouit Mme Loudon.

La vice-présidente de l’IITAP, Mme Tami VerHelst, est emballée par le fait qu’Edgewood cherche à former davantage de thérapeutes certifiés en dépendance sexuelle au Canada.

« Le besoin est réel. Nous espérons que nous arriverons à mobiliser un grand nombre de Canadiens. »

D’après elle, à l’heure actuelle, de nombreux Canadiens qui pourraient avoir besoin d’un traitement pour une dépendance sexuelle doivent voyager plusieurs heures pour obtenir de l’aide.

« Avec davantage de formations comme celles offertes à Nanaimo, nous pourrons aider plus de Canadiens à gérer un comportement sexuel compulsif », ajoute-t-elle.

« Mme VerHelst sait à quel point notre travail nous tient à cœur », mentionne Mme Loudon.

According to her, some participants will be able to stay in the rooms on site and enjoy the campus, while others can be accommodated outside the site.

Click here to learn more about the IITAP Sex Addiction Modules to be offered at the Edgewood Treatment Center in Nanaimo, British Columbia .